Critique littéraire │ Un temps de saison

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Titre : Un temps de saison.

Synopsis : Après l’été les Parisiens désertaient les lieux de leurs vacances ensoleillées, ignorant tout du sort que l’automne faisait à la région qu’ils quittaient jusqu’à l’été suivant. Un automne brutal, puis un long hiver de vent et de pluie, mortel aux corps fragiles. Cette saison-là, inconnue et implacable, il fut imposé à Herman de la découvrir. 


Avis : Coup de .

Bonjouur, aujourd’hui je vais vous parler d’une oeuvre que j’ai adoré. Je suis en licence avec pour majeur Documentation (tout ce qui touche l’édition, la bibliothèque, les archives, les librairies… Tout ça) et avec pour mineure Lettre Moderne (donc littérature française, littérature comparée, linguistique…. tout ça). Et grâce à mon cours de littérature française, j’ai pu découvrir cette oeuvre et surtout, cet auteur qu’est Marie NDiaye. Pour commencer, je vais vous faire une petite présentation de cette femme que j’admire tout particulièrement.

Marie Ndiaye est une auteur née en 1967. Elle est une femme de lettre reconnu, notamment par le fait qu’elle ait remporté le prix Femina en 2001 pour Rosie Carpe, et le prix Goncourt en 2009 pour Trois Femmes puissantes. En ce qui concerne son oeuvre Un temps de saison, sa relation familiale est importante à souligner. En effet, le fait de grandir sans père ressort dans ses oeuvres, comme dans celui-ci. Elle nait d’une union entre sa mère française et son père sénégalais. Ce dernier quitte la maison familiale lorsqu’elle a un an pour retourner en Afrique et par la suite, elle ne le verra que trois ou quatre fois encore jusqu’à aujourd’hui. L’absence d’un père est retranscrit dans son oeuvre : Un temps de saison.

Donc : En effet, l’absence de son père est bien présent dans ce roman. Un temps de saison conte l’histoire d’une famille parisienne qui passent tous leurs étés dans une petite bourgade où le départ est fixé tous les ans au 31 août, sans exception. Jusque cette année-là. Le jour du départ, la femme et le fils de Herman disparaissent ce qui l’oblige à rester une journée de plus pour les chercher. C’est là qu’il découvre le petit village ensoleillé de ses vacances devenir morne, triste et noir. Les bons petits villageois avec qui il partage de bon moment durant l’été retrouve leur vrai visage : celui d’homme et femme qui détestent les parisiens, qui sont indifférent au reste, cruelle, mesquin, méchant et triste.

Le roman n’est composé que de 141 pages, pourtant, l’auteur fait en sorte que l’histoire soit longue et lente. L’atmosphère pesante de ce village donne l’impression de voir le temps passer doucement. Ce rajoute à ceci, les conversations souvent inutiles entre les personnages, qui ne sont que des ramassis de futilités et de chose sans importance et sans fond. On voit très bien tout le long de l’histoire que les personnages n’ont pas de volonté propre, ils ne suivent qu’une lente et longue destiné qui ne leur apportera rien de fameux. Ce qui est davantage exploité grâce au personnage du président du syndicat d’initiative et directeur du comité des fêtes, Alfred. Cet homme est un ancien parisien et lorsqu’il rencontre Herman, il lui dit clairement que pour retrouver sa famille, il doit devenir un vrai villageois et se fondre dans la masse. Il qualifie lui-même le fait d’être villageois par « invisible, insignifiant ». Comme s’il ne devait plus être personne. Ce côté de l’histoire donne à penser à l’auteur qui, née d’un père sénégalais et d’une mère française, ne sait pas qui elle est et d’où elle vient exactement. Ayant visité le Sénégal, elle dit elle-même ne pas s’y sentir chez elle, tout comme en France, elle dit ne pas s’y sentir chez elle. D’une certaine façon, on peut voir que Herman est dans le même cas. Au début du roman, il se sent bien à Paris et se sent chez lui. Mais après quelques pages, rapidement, il ne se sent plus chez lui ni à Paris, ni dans ce village, ce qui est davantage appuyé à la fin lorsqu’il cherche à quitter le village sans savoir ni comment, ni pourquoi. Il ne sait pas où aller, ni quoi faire. Il ne sait plus qui il est réellement.

Donc, au début du roman, Herman cherche sa famille, mais rapidement, on remarque que quelque chose change en lui. Il n’est plus le gentil professeur de mathématique parisien, il devient un vrai petit villageois. Il n’apprécie plus autant les même chose qu’avant, il ne passe plus autant de temps à chercher sa famille… Dès la première page, il songe « Demeurer ici à l’année, je ne le pourrais certainement pas ». Pourtant, dans le début de la seconde partie, il n’est plus cet homme, il devient un vrai villageois, aimant cette ville. Cette oeuvre donne à penser à ce que les villages de vacances sont, qu’ils nous offrent un moment de bonheur éphémère, et le fait aussi qu’on ne repense jamais à ce que cette ville a à offrir par la suite. On voit que pour la première fois, Herman et sa femme ont décidé de partir un peu plus tard que d’habitude : le 2 septembre, à la place du 31 août comme ils le font d’habitude et rien que ce changement a bouleversé leur vie. Rien que le 1er septembre, ils notent tout deux un changement dans la température et dans l’atmosphère autour d’eux. Ce changement provoque les rebondissement dans la suite de l’oeuvre. La femme et le fils disparaissent et bien que Herman fait tout pour les retrouver au début, il finit rapidement par se faire absorber par cette atmosphère et ce courant que le village provoque en embrouillant chaque villageois pour leur retiré leur volonté propre. Herman pense encore avoir sa propre volonté, jusqu’au jour où il se retrouve confronté à la réalité : sa famille ne reviendra jamais et il n’en ressent pas forcément de tristesse. Ils sont désormais des « fantômes » de ce village, comme ce qu’à vécu le président lui-même lorsqu’il a cessé d’être un parisien, c’était aussi parce qu’il cherchait à retrouver sa famille. Ainsi, on voit que cette boucle est sans fin, il y aura toujours des personnes qui se perdront dans le bonheur qu’offre les villages d’été et l’espoir qu’ils ont lorsqu’ils quittent Paris ou plus largement, leur routine habituelle.

Il y a certains passages de l’oeuvre qui m’ont particulièrement touché alors je vous les présente :

À la page 107 avec Alfred qui est un ancien parisien qui a lui aussi, comme Herman, dû quitter sa vie de parisien pour retrouver sa famille. Il dit alors : « Il faut rester, n’est-ce pas, on n’a pas le coeur des abandonner ». D’après-moi, c’est un des moments les plus significatifs de toute l’oeuvre. La perte de sa famille, et pour Alfred il s’agit uniquement de sa femme, oblige aux deux de vivre dans cette nouvelle vie. On voit ici le besoin de l’auteur de donner de l’importance à l’amour familiale, aux liens qui unit chacun dans une famille, ce qui change totalement de l’atmosphère sinistre du roman. Ce qu’on peut aussi rapporter au manque de son père dans sa vie, par le fait que Herman a perdu sa femme et son fils, mais a fini par abandonner l’idée de les retrouver.

Comme, dit plus tôt, un autre passage significatif est au début du roman, à la page 39, dans un dialogue entre Alfred et Herman, lorsqu’ils se rencontrent. Alfred dit : « Il vous faudra une grande patience, beaucoup de doigté et tâcher de vous glisser discrètement dans la vie du village, de devenir villageois vous-même, invisible, insignifiant, et faire oublier surtout que vous êtes un Parisien hors l’été, c’est-à-dire un intrus […] ».

Et pour finir, un autre passage est significatif d’après moi. C’est Alfred qui explique à Herman la vie là-bas : « […] dehors, chez vous, tout le temps quelqu’un vous regarde, et après ? Vous ne devez pas vous cacher, vous ai-je dit, bien au contraire, mais vous exposer dans l’attitude… d’absorption, de fusionnement avec l’existence d’ici, que je vous ai prescrite. Soyez exemplaire et montrez-vous, ne conservez rien de vous-même, hein ! » L’idée que tout le monde puisse tout connaître de vous dans ce village est normal. Il n’y a plus de respect de l’intimité, il n’y a plus de pudeur… Il n’y a plus de soi.

Voilà, cette oeuvre est intense, intéressante et profonde. J’ai adoré la découvrir alors si je peux vous donner envie de le lire, ça me ferait vraiment plaisir ! Et je tâcherais de faire la même chose pour les deux autres livres que j’ai acheté de cette auteur qui sont Trois femmes puissantes et Ladivine.

Si vous aussi vous l’avez lu, n’hésitez pas à m’en parler et pareil pour les deux livres qui sont dans ma pile de bouquin !


Note : 5/5.

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