Jagaaan, T2.

jagaaan 2-3

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Synopsis : Luxure, avarice, orgueil… Du voyeur immoral au professeur injustement rabroué, la bonne ville de Buppa abrite son lot de frustrés ! Tandis que Shintarô apprend à maîtriser ses métamorphoses et le Jagun, l’arme qui équipe désormais son bras droit, il affronte les Détraqués victimes de leurs pulsion avec un plaisir non dissimulé. Et c’est lorsque Doku lui révèle ce qui arrivera, une fois tous les Crapadingues éradiqués, qu’il trouve un sens à sa vie ! En parallèle, l’existence des monstres fait le buzz dans les médias et il semblerait bien que Jagaaan ne soit pas le seul Détraqué combattant…

mon avis-2

coeur de coeur

Aujourd’hui, je reviens à la charge avec le tome 2 de Jagaaan, enfin disponible dans toutes les librairies ! Après un premier tome qui m’a marqué et que j’ai profondément adoré, je suis toute excitée de découvrir ce nouvel opus.

Dès le premier chapitre, c’est une entrée direct dans le genre de l’oeuvre. Alors que le premier tome était, en quelque sorte, l’introduction de son univers : le second est littéralement de la plongée sous-marine ! On plonge dans l’oeuvre, la tête la première et sans savoir ce qu’il va y avoir. Le plus fou c’est que ce qu’il y a est d’un franc et d’une vulgarité sans nom. Pendant une demi-seconde, j’ai été envahi par un malaise. Puis, finalement, après avoir réfléchi et respiré un grand coup… Je réalise bien vite que ce n’est qu’une représentation grossière de la réalité : la jalousie, la haine, la perversité… Tout ça fait aujourd’hui parti de notre monde et Kaneshiro veut bien le pointer du doigt, limite avec une flèche fluorescente et des gros hauts-parleurs.

C’est fort et dure à lire et regarder, surtout quand on n’est pas préparé mentalement à voir ça. Je n’aurais pas pensé être jeté si brusquement comme ça dans l’histoire et dans des situations telles… Mais c’est aussi ça le charme de l’oeuvre. Être directement emmené dans cet univers que Kaneshiro veut nous montrer, surtout avec les dessins fins et bruts de Kensuke Nishida.

Mais le plus important dans ce tome, c’est bien la découverte de la condition de son pouvoir. Comme dans toute histoire, chaque pouvoir engendre des responsabilités (Ben Parker, sort de mon esprit). Et nous découvrons sa responsabilité quant à son extermination des Détraqués… Tout ça ne nous réserve que d’incroyables surprise pour la suite ! Surtout qu’au Japon, il y a déjà 7 tomes publiés, alors nous ne sommes clairement pas au bout de nos surprises !

Et aussi, nous pouvons voir que la puissance et le pouvoir que lui profèrent son nouveau bras ne fait que le rendre plus confiant. Comme si, jusqu’à présent, il avait été malheureux et uniquement en tuant et en étant supérieur aux autres, il pouvait enfin être heureux. N’est-ce pas déjà une grande question pour tous les Hommes ?

Alors que dans le premier tome, il était question d’un  » sourire forcé « , dans ce second tome, enfin : il est question d’un franc sourire heureux. Mais tout ça n’est qu’un résultat de mort, de puissance et de supériorité. Pourtant, il dit lui-même être heureux et surtout, être épanouie en vivant le moment présent sans réfléchir.

Dans ce tome, il y a des vrais premiers combats qui valent la peine d’être suivis. Pas comme dans le premier tome où les combats sont toujours Shintarô gagnant sans problème. En effet, l’arrivée d’un nouveau détraqué combattant est le prémice d’une histoire pour savoir qui est le plus égoïste, qui mérite le plus de vivre… Mais à un niveau supérieur : celui de super-héros ! Pourtant, il arrive aussi que des combats contre des détraqués soient maintenant plus féroces.

On découvre plusieurs informations quant à son pouvoir personnel, mais aussi quant au déclenchement des détraqués pour tous les autres humains qui sont littéralement envahis par leurs désirs enfouis. Les neurotransmetteurs ? Seulement ? Ou c’est bien plus que ça ?

 » En gros, on est tous dopés au bonheur  » (Shintarô, chapitre 12)

Mais aussi, dans ce tome, on découvre davantage sur le personnage de Kawamoto Clarabelle, dites « Belle », sa jolie collègue de boulot. Elle est quelqu’un qu’on représente de sans-sentiment, ou en tout cas, elle a beaucoup de mal à les exprimer. Mais on connaît un côté plus ouvert dans ce nouveau tome, qui la rend un peu plus attachante. Pour autant, qui est-elle vraiment ?

Tout le long du tome, on joue entre la vie de Shintarô qui veut se la jouer plus égoïste, profiter plus de sa vie et tout… Et celle de Motomu Robahata, qu’on avait déjà un peu vu dans le premier tome, mais qu’on découvre davantage dans celui-ci. La partie de l’histoire de Motomu est d’une force et d’une dureté qui me bouscule l’âme. Pour autant, on découvre à ses côtés aussi son humanité (caché derrière des tonnes et des tonnes de vices franchement pas sains et franchement pas normales…). On accompagne ce jeune homme de 27 ans dans une vie qu’il trouve insignifiante et horrible. D’un point de vue extérieur, ce gars est carrément taré, pourtant, l’auteur arrive à nous faire ressentir de la pitié pour lui.

La nouvelle métamorphose de Shintarô est le symbole de ce nouveau tome qui est le fruit d’une suite de sentiment qu’il éprouve. En réalité, l’histoire en général de ce manga est représenté par les sentiments humains et notre façon de les ressentir et de les montrer. Donc, en globalité, ce sont les Hommes qui forment l’histoire de ce manga et je trouve ça fabuleux la tournure que l’auteur prend pour nous le représenter.

En résumé, ce nouveau tome est troublant, frustrant, perturbant et pourtant, je l’adore. Comme le premier tome, il a su toucher des petites parties de moi. Ce côté horreur et décalé n’a fait qu’attirer mon attention sur l’intention de l’auteur. Il m’a fait réfléchir et m’a transporté dans un monde bien particulier.

Bien que des moments et passages de l’oeuvre m’aient totalement dégoûté (oui, Motomu, je parle pour toi, pauvre taré!!), j’ai apprécié le sens donné par l’auteur et son implication poussé dans tout ça. Je sens les quelques dénonciations de l’oeuvre et il me tarde de découvrir le troisième tome disponible le 19 juin 2019. Il annonce de grosses découvertes encore une fois !

En tous cas, je le propose à tout ceux qui aime le gore, le trash, l’anormal, qui n’ont pas peur d’être choqué et surpris. Qui ont envie de découvrir un côté totalement décalé de la vie… Mais surtout pas aux personnes sensibles ! Faites attentions, ça peut en choquer plus d’un.

note 5

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