Critique littéraire │ L’ascension du Haut Mal.

 

l'ascension

Synopsis : Pierre-François a six ans quand il voit son grand frère soudainement terrassé par une maladie étrange : le Haut Mal. En 1965, c’est encore comme ça qu’on appelle l’épilepsie et face à elle, la médecine traditionnelle est impuissante. Alors les parents se jettent dans toutes sortes de thérapies bizarres, spiritisme, macrobiotique… Mais pour Pierre-François, ils font fausse route : il sait bien que pour vaincre le Haut Mal il va devoir rassembler les armées de Genghis Khan, conjurer les fantômes de ses ancêtres, et même faire un pacte avec des démons.


mon avis

Dans un but scolaire, je suis censée lire ce premier tome de la série L’Ascension du Haut mal. C’est donc là que mon aventure commence !

La première de couverture nous présente deux garçons, dessiné dans un genre bien particulier qui est une représentation du dessin de l’artiste. À l’arrière plan se dessine plusieurs ombres noirs comme des animaux, mais aussi un humains à la gauche.

L’histoire nous donne d’abord un premier regard avec la préface écrite et féminine, venant de la soeur. En effet, cet oeuvre est une autobiographie de l’auteur, racontant son enfance au côté de son frère Jean-Christophe et de sa soeur Florence. L’histoire tourne alors autour d’un frère atteint d’épilepsie, appelé alors le « Haut mal ».

La première page nous montre avec des dessins assez gras et vulgaire la réalité du traitement médicamenteux que subit son frère lorsqu’il est adulte. Les cheveux en moins à l’arrière de la tête, les dents de devant tombés, le bégaiement, le surpoids… Cette page ne remonte pourtant pas à 100 ans, mais seulement une vingtaine/trentaine d’année.

Ensuite se suit le début de l’histoire, où Jean-Christophe a 7 ans, Florence 4 ans et Pierre-François 5 ans. En 1964, 2 ans après la fin de la guerre d’Algérie. Nous découvrons alors le petit garçon qu’est Pierre-François et dont l’auteur s’identifie. Amoureux de la bagarre, de l’histoire… Vivant dans une famille religieuse catholique.

Il vit alors dans une sorte de petite bulle, propre à son âge de 5 ans. Il croit être avalé par un typhon la nuit (ce qui le fait bouger de son lit), lorsqu’il se fait enfermer dans une salle après s’être fait attrapé en étant dans un endroit dont il n’a pas le droit d’accès il casse la vitre et se sauve, quand son frère fait un malaise, il accuse encore le typhon… En réalité, il vit dans une sorte de bulle enchanté et magique, pleine de fantaisie qu’il s’imagine. Puis, on décèle à son frère l’épilepsie, mais en plus de ça, les docteurs disent qu’il est « méchant ».

Un enfant de 7 ans ne peut pas être méchant. Il peut être bête, maladroit, un peu casse-pied, mais de là à dire « méchant » c’est faux. Surtout qu’un enfant de cet âge n’est qu’une reproduction de ses parents. Il reproduit et répète tout ce que dit ses parents… On peut même le voir dans les pages suivantes à l’arrivée de Mohamed.

Après la guerre d’Algérie, des séquelles subsistent dans l’esprit de tous, même des enfants par l’intermédiaire des parents. Alors quand ils parlent à Mohamed qui travaille sur le chantier à côté de chez eux, la bande d’ami ne souhaite rien à voir avec lui, mais Jean-Christophe continue pourtant de parler avec lui, buvant son jus de pomme et mangeant son pain.

Cette représentation de la guerre d’Algérie est à la fois une représentation réaliste pour un enfant de 5 et 7 ans, mais on peut vite saisir le fait que leurs parents ont préféré taire la totale vérité de l’histoire. Il n’est ici question que les algériens sont les seuls coupables.

Les enfants voient le mal partout s’il concerne Mohamed. Ils ont trouvé une tâche de sang par terre ? C’est Mohamed qui a tué quelqu’un. Mohamed ne travaille plus sur le chantier ? Il est forcément en prison pour avoir tué quelqu’un ! Mais en réalité, la mère des garçons lui ont fait comprendre qu’il était tout simplement parti travailler sur un autre chantier. Cette haine contre les musulmans/arabes est à la fois un traumatisme suite à la guerre d’Algérie, et un automatisme sûrement projeté par une famille/ville religieuse catholique.

S’imaginant une sorte de monde imaginaire rempli de bataille, de mort, de sang et de guerre, on voit Pierre-François donner à son frère une certaine haine commune qu’il projetterait inconsciemment dans ses crises d’épilepsie. En réalité, sans savoir exactement ce que c’est, il s’inquiète tellement pour son frère qu’il ne sait plus comment se le faire comprendre. À tel point que lorsqu’il dessine des livres, il dit « c’est mon épilepsie à moi ». Comme si ce n’était pas une maladie, mais un nom pour designer « exutoire ».

Tandis que Pierre-François est dans l’anonymat du combat, dans la force, dans le sang et la douleur. Son frère, Jean-Christophe se représente comme un chef d’armée, un chef suprême. Un certain manque de confiance en lui suinte alors de ces pages.

On découvre une histoire familiale vraiment touché par la guerre. Durant ces années, tout le monde avait déjà touché un bout de guerre que ce soit par ses grands-parents ou même ses parents. Pour eux, ils avaient le choix : leur père avait fait la guerre d’Algérie, leur grand-père maternel avait fait la Première Guerre mondiale, leur grand-père paternel avait fait la Seconde Guerre mondiale…

La relation fraternelle entre Jean-Christophe et Pierre-François devient rapidement brisée, « chacun pour soi ». JC fait de nombreuses crises sans s’en rendre compte, PF reste dans son univers et dans sa bulle. Un fossé se creuse entre eux. Pourtant, lorsque les amis de PF voient JC faire une crise, la peur les oblige à le juger. Durant sa crise, ses membres se contractent et alors qu’il cherche à se rattraper sur quelqu’un, les autres pensent qu’il veut les étrangler. Mohamed n’est plus le centre de leur haine.

Puis le suivi médical reprend avec l’arrivée d’un institut psycho-pédagogique à Orléans où Jean-Christophe est envoyé. Pour surveiller la famille, Pierre-François est aussi envoyé dans une série de test afin d’établir s’il pourrait devenir épileptique ou non. On découvre aussi que Jean-Christophe fait des crises la plupart du temps quand il est énervé ou contrarié et Pierre-François tente de lui provoquer une crise, juste pour s’amuser. Mais en voyant son frère fait sa crise, il se rend compte de sa bêtise et regrette. On le voit murir et quitter un peu son univers pour s’encrer sur la terre ferme.

Les crises s’intensifient, il est envoyé dans une clinique spéciale avec un neuro-chirurgien qui est très bien réputé. Pourtant, quand Jean-Christophe partage sa chambre avec un garçon qui vient de se faire à nouveau opérer, il n’est pas confiant. Mais on l’envoie quand même en salle d’opération ! Mais avant d’y parvenir totalement, ils annulent et se dirigent vers un docteur japonais qui manipule une médecine traditionnelle, avec une alimentation macrobiotique.

Nous terminons ce premier tome avec un Jean-Christophe qui ne prend plus ses médicaments et qui est guéri ! Mais c’est un paradoxe avec la première page de la BD où est représenté un Jean-Christophe malade et faible.


trois étoile

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