Critique littéraire │ La vérité au bout des lèvres.

Synopsis : « Il se met à me recoudre à vif… », « Arrêter de crier, ça ne fait pas si mal ! », « Fermez votre gueule et poussez ! », « Votre bébé est mort à cause de vous, alors écartez les cuisses et fermez-la » « Nouveau coup de ciseaux dans le vagin… je hurle… » Autant de témoignages choquants… Marine en reçoit tous les jours. Après avoir elle-même expérimenté des violences obstétricales et gynécologiques, elle découvre à travers son compte Instagram qu’elle crée en réaction à son expérience que ces pratiques sont malheureusement beaucoup plus courantes qu’on ne peut le penser, en France, au XXIe siècle. Dans cet ouvrage nécessaire, elle dénonce ces pratiques pour éveiller les consciences, sensibiliser le corps médical et soutenir les victimes ; ce ne sont pas des cas isolés et cette situation grave est intolérable. Libérer la parole sur les VOG, un sujet si peu abordé et traité, c’est redonner du pouvoir aux femmes qui se sentent violées et impuissantes. Ces faits particulièrement graves, aux conséquences physiques et psychologiques désastreuses (dépression, mutilations, incontinence à vie, etc.) doivent être mis en lumière pour que les générations futures n’aient jamais plus à endurer cette sombre réalité.

Franchement, ce bouquin a été mon petit coup de coeur de l’année 2020. Je l’ai découvert en demandant conseil à ma collègue qui s’occupe du rayon Bien-Être, et je n’ai pas du tout était déçu. Si au départ, ce n’était qu’une recherche assez désintéressé sur la sexualité ou le corps féminin dans son ensemble, cette lecture m’a plongé dans une réalité terrifiante et réaliste, qui est présente surtout à cause d’une société patriarcale bien trop étouffante.

L’autrice, ayant subi des VOG elle aussi, nous permet de découvrir de nombreux témoignages que ce soit sur les accouchements compliqués et traumatisants, les IVG, les rendez-vous obstétriciens réguliers… Pour ceux et celles qui ne le savent pas : VOG veut dire Violences Obstétricales et Gynécologiques, qui sont donc des violences systémiques/institutionnelles et genrées qui se situent sur le continuum des violences sexuelles.

Grâce à ce petit bouquin qui se dévore en quelques heures, on découvre de nombreuses choses que ce soit : un.e gynéco doit te demander la permission avant de faire quoi que ce soit, il.elle doit aussi tout bien t’expliquer avant tout et ne peut pas induire un jugement ou te faire changer d’avis d’après ses idées reçus. Le fait d’appuyer sur ton ventre lors de l’accouchement est totalement interdite aujourd’hui et peut être punissable par la loi…

Quand je lisais les témoignages, la plupart du temps je me disais : non, c’est impossible. NON. Alors que sur d’autre, je me rendais compte que ça m’était déjà arrivée. Une gynéco m’a déjà ausculté sans me prévenir, sans rien me dire, sans m’expliquer et m’engueuler parce que j’étais mal-à-l’aise. À l’époque, j’étais impressionnable et c’était mon premier rendez-vous chez la gynéco alors je n’ai rien dit, mais pendant 2 jours, j’ai eu mal, je me sentais vraiment gênée et j’avais limite peur qu’on me touche. Jusqu’à présent, je m’étais toujours dit : « elle était pressée, mais c’est son boulot, elle est chirurgienne à côté de son rôle de gynéco, elle s’y connaît, elle sait ce qu’elle fait et c’est donc normal ce qu’elle a fait », mais en lisant toutes ces femmes qui relataient de leur passé, de leurs expériences, je me suis rendue compte que non : ce n’est pas normal.

Il y a une réelle mal-connaissance de nos droits, en ce qui concerne les médecins. Et ce n’est pas uniquement les gynécos ou autre, ça peut tout aussi bien être votre médecin traitant. Comme le disait une des filles dans son témoignage, nous sommes impressionnés par la blouse, par le nombre d’étude, par l’uniforme qu’ils revêt et nous nous oublions en quelque sorte.

Certains témoignages m’ont révolté, d’autre m’ont fait pleuré et d’autre m’ont éteinte. Je me rends compte que beaucoup de femmes ont connu un traitement atroce par tous ces professionnels et cela engendre vraiment d’énorme traumatisme. Encore aujourd’hui, je suis la page Instagram de l’autrice de ce livre et elle publie régulièrement de nouveau témoignage qui me font pâlirent.

Faites attention à vos corps, à vos médecins, gardez bien en tête qu’une blouse blanche ne rend personne supérieur à vous et dans aucune circonstance, vous devez vous rabaissez ou changer vos idées pour les leur. Homme ou femme, nous pouvons subir des violences et bien trop souvent, nous nous taisons. Mais aujourd’hui, il est temps de savoir nos droits et de lever la voix quand c’est nécessaire !

Je vous glisse par la même occasion l’Instagram, que je vous invite à suivre : @.balancetonuterus.

Note : 5 sur 5.

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