Rien pour elle.

Synopsis : C’est l’histoire d’une femme qui traverse la vie en se battant comme une gladiatrice. Depuis les années de guerre et les bombardements qui s’abattent sur Rome, jusqu’aux mutations des années 1990, en passant par les années de plomb, Rome est le décor dans lequel évolue Tullia, une de ces invisibles héroïnes du quotidien, figure modeste et forte à la fois d’un sous-prolétariat urbain. Élevée par une mère mal aimante qui fait travailler ses enfants comme des esclaves dès leur plus jeune âge, Tullia prend un jour son destin en main en quittant ce milieu familial tyrannisé par la mère. Mais quel destin ! Amoureuse des mots, animée par une volonté farouche de survivre et de s’en sortir, Tullia endurera les épreuves d’une vie de misère et de labeur au milieu de luttes syndicales et de révolutions culturelles qui l’effleurent à peine. Le courage, la force, la dignité de Tullia en font un témoin curieux et passionné de la vie de la capitale à travers cinquante ans. Lire Rien pour elle, c’est comme regarder l’histoire défiler par la fenêtre : impossible de ne pas y voir un reflet trouble de nous-mêmes.

Je ne suis pas une grande friande de la littérature dite classique, ou contemporaine pour ce cas. Je suis davantage tournée vers les fantasy et les romances, où l’écriture ne te donne pas vraiment l’occasion de réfléchir, où ça glisse tout seul, où on plonge dans un univers particulier et nouveau qui nous fait voyager. J’ai toujours eu un peu de mal avec la littérature classique/contemporaine, mais j’ai eu l’agréable surprise de découvrir Rien pour elle.

Il s’agit ici d’un roman plein de sentiments et d’émotions qui nous font voir à travers le regard de Tullia, une jeune fille de Rome qui évolue au travers les années : de 1943, au bombardement de la seconde guerre mondiale, jusqu’en 1990. Nous la voyons évoluer, se battre, trébucher, se relever, pleurer, vivre, haïr, s’inquiéter, aimer, pardonner.

L’écriture de l’autrice nous fait voyager dans un univers bien particulier, aux consonances italienne qui me ravissent. Souvent, je disais à voix haute les noms des villes et des personnages pour entendre raisonner le son particulier de cette langue que j’adore. « Baiocco… Baiocho », « piazza… piazssa. » Un vrai plaisir pour les oreilles.

Tullia n’est pas seulement une femme qui survit à une enfance compliquée, à une mère nocive et un train de vie terrible, elle est aussi de celle qui veulent se battre, mais ne savent pas comment. Qui veulent prendre part, mais ont été trop longtemps ignoré et rejeté. Elle est une personne comme les autres, tout en étant une héroïne invisible de tous les jours. Une fille, une femme, une tante, une mère, une nièce, et une amie.

Si la mise en page m’a d’abord quelque peu décontenancé — il n’y a pas de tiret ou de guillemet pour les dialogues, ils sont directement intégrés dans le texte — j’ai fini par m’y habituer. C’était même devenu ma petite chasse au trésor pour comprendre quand elle parle, quand elle pense, quand elle raconte… Et à chaque fois, j’avais l’impression d’être encore plus plongée dans son esprit.

Ce fut une belle lecture, que j’ai apprécié découvrir. Je suis ravie d’avoir pu reprendre la littérature contemporaine grâce à ce titre et suis prête à me lancer dans une nouvelle histoire des mêmes éditeurs Agullo.

Note : 4 sur 5.

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