L’amour de A à Z.

Synopsis : D’un côté, il y a Zayneb, qui a été exclue de son lycée pour avoir dénoncé l’islamophobie de son professeur en plein cours. Elle décide alors de partir chez sa tante à Doha, au Qatar, pour commencer ses vacances de printemps en avance. Se sentant coupable d’avoir en plus causé des ennuis à ses amies activistes, Zayneb est déterminée à devenir une meilleure version d’elle-même : une personne capable de parfois tenir sa langue. De l’autre côté, il y a Adam, qui a arrêté d’aller en cours depuis qu’il a appris qu’il est atteint d’une sclérose en plaques, la même maladie dont est décédée sa mère. Pour pouvoir passer plus de temps avec son père et sa sœur, il décide de rentrer à Doha. Mais il est aussi déterminé à cacher son diagnostic à son père, toujours en deuil. Devant les autres, Zayneb et Adam jouent un rôle, cachant ce qu’ils pensent réellement entre les pages de leurs journaux intimes. Puis la plus merveilleuse des étrangetés se produit : Adam et Zayneb se rencontrent…

Ici, nous plongeons dans une histoire qui paraît simple. Nous avons Zayneb, une jeune lycéenne qui vit aux États-Unis et dont on voit à travers son personnage une réalité saisissante : l’islamophobie, le racisme, le sexisme… De nombreuses injustices contre lesquelles on va la voir se battre. Et si, au début, nous y découvrons une jeune fille survoltée, avec beaucoup de haine en elle, nous découvrons au fur et à mesure de l’histoire un certain apaisement : elle n’a pas besoin de hurler pour se faire entendre et le découvre.

Pourtant, son engouement pour défendre ses causes reste quelques choses de fondamentale dans l’histoire : cela la détermine, la caractérise, et nous offre la chance de voir à travers son regard l’injustice qu’une jeune adolescente musulmane peut subir chaque jours. Non pas seulement en tant que femme, qu’adolescent, ou que musulmane. Les trois offrent ici une vision différente des injustices à leur encontre.

Et d’un autre côté, il y a Adam, un étudiant aux multiples origines et à la croyance ferme. Avec une vie de famille compliquée et touchante, on le voit ici évoluer au fur et à mesure de l’histoire, mais surtout : nous découvrons le secret qu’il essaie tant de cacher à sa famille et ses amis. Un secret qui ne lui donne pas envie de s’approcher de Zayneb. Et pourtant, le destin les a poussé dans la même direction, mais il s’y soustraie.

Ils se sont rencontrés au détour d’une coincidence, à l’aéroport, puis dans l’avion et puis… grâce à des personnes communes. Ils étaient à Londres quand ils se sont vus pour la première, et c’est au Qatar qu’ils se retrouvent. Mais il manque d’honnêteté, de confiance en soi, de force et alors qu’ils ressentent tous les deux des choses, ils se taisent. Parce qu’Adam ne peut pas se permettre de s’attacher ou que quelqu’un s’attache à lui, et Zayneb essaie de changer, de devenir une personne meilleure, mais sa volonté ne fait qu’effriter sa confiance en elle.

Pourtant, ils finissent toujours par se retrouver. Quoi qu’il arrive. Comme si c’était le destin. Et l’histoire continue ainsi, mêlant nos deux jeunes adolescents se découvrir et découvrir la vie. Zayneb, sous son voile, sait se revendiquer libre et forte et faire taire les critiques. Tandis qu’Adam profite de sa vie comme si c’était le dernier jour.

En avançant dans l’histoire, je me retrouve remplie par différentes émotions : la tristesse face à la réalité des choses, face aux injustices, face à la fatalité. Et en colère contre les réactions de certaines personnes. La justice est un thème flagrant de ce roman : la justice face au racisme, au sexisme, à l’islamophobie et bien plus. Mais la colère n’est pas une réponse à ça.

Pourtant, dans l’avancé de l’histoire, on découvre une certaine paix, une volonté de faire les choses avec pragmatisme et raison. Il n’est plus vraiment question de se laisser dévorer par la haine, tout en gardant la passion de la justice bouillonner, il faut aussi être au clair pour s’engager dans certaines causes et pouvoir agir.

Zayneb et Adam auront été des personnages intenses à découvrir, ils m’auront mis la larme à l’oeil et m’auront donné envie d’agir, d’apprendre. On découvre en Zayneb le stéréotype du signe astrologique du bélier, celle tout feu, tout flamme, qui aime découvrir et apprendre, qui aime dénoncer les choses qu’elle ne trouve pas juste. Et Adam est une sorte de verseaux, qui aime l’art, qui aime échanger, mais qui est aussi fermé et mystérieux, qui ne se délivre pas et ne parle pas beaucoup de lui. Celui qui écoute, tandis que Zayneb et celle qui parle. Un couple comme on les aime.

C’est aussi une première pour moi de découvrir une romance musulmane. Même si l’histoire ne tourne pas uniquement autour de la romance, ce sujet aura été une nouveauté pour moi : même si j’ai des amis de confession musulmane, la découvrir de l’intérieur comme on peut le lire ici est une grande aventure. La tendresse, l’émotion, la passion qui les habitent, mais la pudeur et la sécurité que la religion leur offre est une belle façon de voir la vie et leur amour. Ce fût une belle lecture !

Note : 3.5 sur 5.

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